Les
produits vendus comme brûleurs de graisse sont des compléments alimentaires.
Cette qualification juridique décide de tout : ils ne sont pas des
médicaments, ne font l'objet d'aucune autorisation de mise sur le marché, et
ne peuvent revendiquer aucun effet thérapeutique.
Les mécanismes annoncés
Trois principes reviennent. L'effet thermogénique : augmenter légèrement la dépense énergétique au repos. L'effet lipolytique : favoriser la libération des acides gras stockés. L'effet coupe-faim : réduire l'apport calorique. Aucun de ces mécanismes n'est absurde ; la question est celle de l'amplitude.
Ingrédient par ingrédient
La caféine est celui dont l'effet est le mieux établi. Elle augmente la dépense énergétique de quelques pour cent et améliore la performance à l'effort. L'accoutumance survient en quelques semaines et l'effet s'estompe. Les doses cumulées dans ces produits sont parfois élevées : l'autorité européenne considère qu'au-delà de 400 milligrammes par jour chez l'adulte, les effets indésirables deviennent probables.
Le thé vert apporte des catéchines, dont l'effet mesuré dans les essais est réel mais faible, de l'ordre de quelques centaines de grammes sur plusieurs mois. À forte dose sous forme d'extrait concentré, il a fait l'objet d'alertes d'hépatotoxicité, ce qui a conduit à des recommandations de prudence.
La L-carnitine transporte les acides gras vers les mitochondries. Le raisonnement est juste ; l'erreur est de croire que ce transport est le facteur limitant. Chez une personne qui s'alimente normalement, il ne l'est pas, et les essais de supplémentation ne montrent pas d'effet sur la masse grasse. Les extraits de piment, enfin, produisent un effet thermogénique modeste et une gêne digestive fréquente.
Ce que montrent les revues d'études
Les synthèses disponibles convergent : les effets, quand ils existent, sont faibles et hétérogènes, et disparaissent souvent quand on ne retient que les essais bien conduits. Aucun de ces produits ne provoque une perte de poids en l'absence de déficit calorique, et aucun ne modifie durablement la composition corporelle par lui-même.
Le déterminant reste le même depuis toujours : un déficit énergétique modéré et tenable, un apport en protéines suffisant pour préserver le muscle, et une activité physique régulière incluant du renforcement. Un complément peut, au mieux, se placer à la marge de cela.
Sécurité et précautions
Les effets indésirables signalés au dispositif français de nutrivigilance concernent surtout le cœur et le foie : palpitations, troubles du rythme, hypertension, atteintes hépatiques. Ces produits sont déconseillés en cas de maladie cardiovasculaire, de trouble thyroïdien, de traitement en cours — les interactions avec les anticoagulants et certains antidépresseurs sont documentées — ainsi que pendant la grossesse et l'allaitement.
Deux précautions supplémentaires : les produits achetés hors des circuits européens contiennent parfois des substances non déclarées, y compris des molécules interdites comme la sibutramine ou le DNP, dont les intoxications sont graves. Et un produit qui promet une perte de poids « sans effort » est, par cette phrase seule, en infraction avec la réglementation sur les allégations.
Quand consulter
Une perte de poids recherchée pour raison de santé se conduit avec un médecin ou un diététicien, surtout au-delà d'un indice de masse corporelle de 30, en cas de maladie chronique, ou quand le rapport au poids devient envahissant. C'est le seul conseil de cette page dont l'efficacité soit établie.